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Avec Brady Corbet, Joseph Gordon-Levitt, Elisabeth Shue, Michelle Trachtenberg USA - 2004 |
***Spoiler***
Voici enfin le nouveau film d'Araki et cette fois il est bien
distribué. Un sujet très dur: la pédophilie
et le traumatisme qu'elle engendre. Le traitement en est brillant:
La dure réalité est souvent montrée avec
une distance esthétique nécessaire( la parole remplace
les actes qu'on a pas besoin de voir mais suffit à nous
en montrer l'horreur. Deux personnages l'ont subit au même
moment mais l'ont assimilée de façon totalement
différente. Leurs parcours s'opposent : L'un en a fait
le rejet, l'autre se prostitue. Mais, ils finiront par se confronter
dans un échange nécessaire pour que les deux puissent
tenter de guérir même si le film rappelle l'irréversibilité
psychologique de l'horreur. Les personnages ne sont en rien manichéens,
ils existent réellement sur la pellicule et ça déjà
c'est très beau.
@@@+
l'histoire ne m'a pas interessé du tout. Je trouve que
le traitement de la vie des 2 personnages en parallele qui se
retrouvent à la fin en guise de débouclement est
plutôt mauvais.
Certaines étapes ne sont pas très subtiles : l'évocation
du début du sida, le parallele entre la vache morte sans
organes génitaux et le fist fucking bref bcp trop de chose
trop appuyées (sans doute de peur que le public ne sache
pas faire les connexions lui-même). C'est con les images
étaient belles.
@
Finalement, j'ai bien fait d'y aller : j'ai trouvé "Mysterious
Skin" aux antipodes de tout ce qui m'avait déplu dans
"Nowhere". J'ai apprécié la pudeur avec
laquelle Araki, finalement, traite son sujet : il y a des scènes
dures qui mettent très mal à l'aise, mais il sait
où s'arrêter avant que ça ne devienne trop
malsain par rapport au sujet. J'ai trouvé intéressant,
notamment, que l'histoire de Brian reste poignante de bout en
bout alors que le personnage a tout de la caricature de geek,
il y a là un paradoxe très intéressant. Et
j'ai beaucoup aimé aussi les échos permanents entre
les scènes du présent et les souvenirs déformés
de Brian, les indices fournis à travers ses rêves,
etc. La fin m'a prise par surprise (elle est logique par rapport
au contexte, mais je ne m'attendais pas à ça) et
je l'ai trouvée extrêmement poignante.
@@@
Vu un vendredi en fin d'aprem lors de sa première semaine
d'exploitation, dans une salle convenablement remplie. Sans doute
l'effet festival de Venise car son précédent était
sorti dans une seule salle parisienne et avait été
retiré de l'affiche dès la semaine suivante.
Moi j'suis assez client de Gregg Araki et j'ai donc bien apprécié
ce dernier opus avec toujours des ambiances étranges et
dérangeantes. C'est peut être un peu plus écrit
et moins loufoque que ces précédents, sans doute
à cause et pour soutenir la gravité du sujet traité.
@@@